PAUL CERCKIEL
À partir du poème Mon rêve familier de Paul Verlaine, mon travail explore la persistance des souvenirs et la mémoire affective.
Le rêve, fragmentaire et instable, devient un espace de projection où les formes, les couleurs et les visages se transforment sans jamais se fixer. Au détour de photographies, de notes éparses dans un cahier, je prends le pinceau sans chercher la maîtrise ni la virtuosité. La couleur m’échappe, la technique s’efface volontairement.
Ce qui importe est l’apparition répétée d’images imprécises, rémanentes, qui s’impriment par couches successives et se répètent dans de nombreuses versions.
De ce processus émergent parfois des émotions singulières, toujours reconnaissables et toujours différentes — ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres. La peinture devient alors un lieu intime, où je pourrais me sentir compris autant que je cherche à comprendre.
